Date de sortie : 1993

Éditions : GLENAT

 

 

 

 

TBM n°9: Khaled

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Fayrnal et Yazid al-Salah

 

Aymar, William et Hendrick sont arrivés en Terre Sainte. Les tensions entre musulmans et chrétiens sont palpables. Lors d'une embuscade dans une ruelle, Aymar rencontre Reinhardt, le fier chevalier saxon qui fait mine de ne pas le reconnaître... Le lendemain, il lui propose de l'aider à convoyer une caravane de secours au profit de Bernard de Mance, seigneur assiégé par les infidèles, oublié par les autres seigneurs qui n'ont rien à gagner en l'aidant... Pire, Fayrnal, un ennemi de Bertrand de Mance, s'allie avec le sultan Yazid al-Salah pour faire échouer la tentative de ravitaillement en échange de quelques coffres bien garnis de pierres précieuses. Le traître est accompagné de deux jeunes arabes, Khaled et Bashir, qui détruisent leur amitié pour mieux plaire à l'hiddeux Fayrnal...

Tous les chevaliers sont de retour et cette fois-ci, ils se conduisent tous bravement en convoyant ce fameux convoi. Fayrnal est peut-être chevalier mais il n'en a pas les attributs. Sa vêture n'est point guerrière et son penchant pour les jeunes hommes plus que sous-entendus. Il représente le félon de la pire espèce, trahissant les siens ( les chrétiens ), tuant ses proches ( pas de sa main, rassurez-vous ) et alliant son ressentiment vis à vis de Bernard de Mance à sa soif de richesses. C'est l'être vil du Moyen-Age par excellence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Olivier, aymar et Reinhardt

Bashir, Khaled et Fayrnal

 

Aymar de Bois-Maury se laisse mener par ses rencontres; Imperturbable, il suit tous ceux qui le lui demandent jusqu'au château de Bernard de Mance. Bien sûr, la réussite des croisés tient essentiellement à ses initiatives et il va être récompensé puiqu'à la fin de l'album, il trouve enfin le moyen de reconquérir ses terres et ses fameuses tours si chères à son écuyer Olivier. De plus il obtient même la main de la fille de Hendrick qui ne peut que monnayer ainsi son retour en Europe. Hendrick passera de toutes manières à côté de tout dans cet album: il n'a pas de chance, jamais là quand il le faut. Reinhardt, toujours solitaire, n'en fera qu'à sa tête et perdra la vie en rendant enfin service à Aymar, juste retour des choses.

 

 

Mais le plus intéressant reste la relation entre Khaled et Bashir. Ils s'entre-déchirent pour un homme qui les méprise. Ils passent pour deux gîtons et Hermann réussi à nous parler d'homosexualité sans jamais tombé dans le glauque et comme c'est l'habitude, la vengeance apparaît à la fin comme ce fut le cas pour Alda ou Eloïse de Mongri.

Juste un regret: la vision un peu manichéenne des arabes traduite par Hermann, ce qui est curieux venant de lui, mais je crois que l'on peut mettre cela sur le besoin de retranscrire une atmosphère de haine entre peuples à l'époque des croisades. Sujet toujours d'actualité dans cette région aujourd'hui.

Sinon, cet album fait partie des meilleurs de la série pour son graphisme. Les chaudes couleurs du proche-Orient réussissent à Hermann.