Date de sortie : 2002

Éditions : Le Lombard - Collection Signé

 

 

 

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Maintenant Hermann et son fils prennent l'habitude de collaborer pour un album chaque année. Après Rodrigo et Liens de Sang, voici Manhattan Beach 1957, récit nostalgique se déroulant pour moitié en 1957 et pour l'autre de nos jours. Le point commun entre ces deux histoires: un homme, flic de son état qui ne cesse de se remémorer son passé. John a rencontré Daisy dans une gare routière et ne l'a plus lâchée. Ils volent une voiture car Daisy fuit son oncle Vernon pour aller à Manhattan Beach où ont vécus ses parents. Mais leur voyage se transforme vite en course-poursuite avec la police: Daisy est en rupture avec le monde qui l'entoure. John vit alors avec elle un parcours initiatique, l'histoire d'amour de sa vie, qui bien sûr finit mal car aux États-Unis il n'y a pas de place pour les victimes de la société. Quelques années plus tard, John enquête sur une série de meurtres à Manhattan Beach. Le souvenir de son équipée le hante. Il a un ami, Elvis Presley qui essaie bien de l'aider, mais celui-ci n'a survécu que dans la tête de John. Et ce dernier a bien du mal à accepter Helen, journaliste de province qui voudrait aider John comme John a voulu aider Daisy des années plus tôt. Enfin comme le passé s'acharne vraiment sur notre policier, un jeune homme recherche avec détermination Vernon, l'oncle de Daisy.

 

Yves H. a donc proposé à son père une plongée dans l'Amérique des années cinquante, celle des films avec James Dean, de la musique d'Elvis, des grosses américaines parcourant des kilomètres avec le police aux fesses, celles des pauvres gens que le destin rattrape. Ce Road-movie en noir et blanc incarne parfaitement l'image que l'on se fait de cette époque. Et lorsque l'on passe à la couleur, on retrouve cette Amérique de province, avec la journaliste amoureuse, la petite ville et son poste de police, la mer qui fouette un ponton incarnant la liberté. Et il y a encore beaucoup de choses, Yves H. aime les histoires compliquées et ne laisse rein passer. Il a bien raison car son père continue de faire un travail graphique admirable, collant à l'atmosphère de ces deux époques, avec un minimum de couleurs, juste ce qu'il faut pour laisser les personnages vivrent leurs rêves.

Si vous êtes déprimé, ne lisez pas cet album. Si vous aimez les romans de Cormac McCarthy, les chansons d'Elvis Presley, les road-movies des années cinquante, les enquêtes de police des séries B, il est pour vous.

 

Le coeur: fil rouge de l'album